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Mon accouchement

Crédit photo: Dora Dhouib

J'ai souvent entendu les femmes parler de l'accouchement comme d'une délivrance.

Je ne l'ai pas du tout ressentit comme telle...

Je me sentais tellement bien enceinte! J'adorais voir mon ventre évolué et grossir, sentir les petits coups de bébé à l'intérieur. J'aimais l'énergie que ma grossesse me procurait. En fait, il n'y a rien que je n'ai pas aimé lorsque j'étais enceinte.

Alors, oui j'avais hâte de rencontrer mon enfant, mais je n'étais pas impatiente de ne plus être enceinte.

On se souvient toutes de chaque détail de ce jour qui a changé nos vies.

Je ne vais pas rentrer dans les détails de ce souvenir qui finalement n'appartient qu'à nous.

Mais je peux vous dire quand même que le matin, je partais chez Ikéa pour acheter des meubles ((qu j'avais l'intention de monter dans la journée!!! ), lorsque la fatigue m'a retenue sur mon canapé!

Heureusement, que je me suis écoutée. J'ai manqué de peu d'accoucher dans une armoire et de vouloir nommé mon bébé Hemnes ou Vuku "parce que ça raconte une histoire"...

Bref, après une journée et une soirée au calme, j'ai senti les premières contractions au moment d'aller me coucher.

J'ai tout de suite su que c'était des contractions d'accouchement.

Elles étaient espacées de 8 minutes pendant 1 heure puis ça a été toutes les 5 minutes et très rapidement toutes les 2 minutes.

Au bout de 2 heures assise sur mon ballon (Swiss Ball) à effectuer des rotations du bassin, j'ai décidé que c'était le moment de partir...

Petit moment de panique quand même. Est-ce que j'ai tout pris? Comment savoir si je vais avoir besoin d'autre chose? Putain, la prochaine fois que je vois ces murs, j'aurai mon bébé dans les bras...

Et puis il y avait surtout ma grande qui dormait paisiblement. Faut-il que je la réveille? Non, elle va avoir peur.

Je laisse donc un mot qu'elle trouvera en se levant.

En parallèle je préviens mes parents et mon frère qui débarqueront dès qu'elle se réveillera.

Je peux partir l'esprit tranquille.

Le voyage et l'arrivée à l'hôpital se passent très bien si ce n'est que j'ai hyper mal... Mais bon, vous savez ce que c'est!

Après m'avoir examinée, on place en salle de travail avec tous les appareils et la fameuse robe immonde ouverte dans le dos et laissant une vue claire et nette sur le cul. Merveilleux!

Evidemment je ne suis pas la seule à accoucher, d'autres mamans, d'autres papas qui errent dans le couloir entre ma chambre et les toilettes où je vais toutes les 20 minutes.

J'essaye tant bien que mal de garder un peu de pudeur et de cacher ma jolie lune mais franchement, à un moment donné TANT PIS!

Bref....

J'ai attendu avant de recevoir la péridurale; je voulais ressentir un max de sensations sans pour autant m'en priver pour l'accouchement en lui-même. Toutes les 30 minutes les sages-femmes venaient me voir pour essayer de me convaincre de la poser afin de me soulager. Sur le monitor, elles voyaient l'intensité de la douleur.

Puis les contractions sont devenues tellement fortes que je ne retenais plus mes larmes et que j'ai commencé à répéter en boucle "maman maman maman maman maman maman..."

C'était le signal pour que je décide de m'envoyer la péri! Après 11 heures de souffrance j'accepte donc que l'on me pique.

Ca fait un mal de chien ce truc!!!! Quelle horreur. Mais il faut avouer que c'est bien agréable de moins sentir les contractions.

J'avais la possibilité d'ajuster moi-même ma dose. Je n'y ai touché que quand le travail a commencé.

C'est à dire 15h après. Oui, oui, j'ai bien écrit QUINZE heures.

Pendant ces 27 heures des dizaines et des dizaines de personnes se sont relayées pour prendre ma température et contrôler ce qu'il y avait à contrôler. J'ai détesté devoir me livrer à autant de personnes.

Et à un moment donné, une sage-femme entre une énième fois et me dis "aller, c'est parti!"

Et là, je me dis "Meuf, tu as 2 nuits blanches et 27 heures de contraction dans la gueule, les restes de 4 madeleines ingurgitées il y presque 12 heures dans le bide et un peu d'eau que tu bois en cachette. Ca ne va pas être simple, mais c'est le moment de ta life donc WAKE UP!!!".

Et là, un sursaut d'énergie comme si j'avais 18 heures!

Pendant le travail la sage-femme me demande si je fais un peu de sport car "Vous gérer votre souffle et la douleur comme un sportif de haut niveau!" Kiffe absolu.

Tout ce sport m'aidait encore à gérer ce moment; la douleur, les émotions, mon corps...

Et puis soudain, un cri. Des larmes. De joie. De l'amour, de l'amour et encore de l'amour. L'amour d'une nouvelle famille que nous formons à 3.

Cynthia Brown

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