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Ma confiance en moi détruite à 11 ans pour la première fois.

On aimerait tous avoir plus confiance en nous.

En coaching de vie, c'est l'une des problématiques dont mes coachés souffrent le plus.

Je sais que je véhicule l'image d'une femme forte et je le suis effectivement. Mais être forte ne veut pas dire n'avoir jamais été blessée. Peut-être au contraire même.

Dès mon plus jeune âge, ma confiance en moi a été ébranlée. J'ai appris à faire avec, ou plutôt sans.

J'ai appris à me battre contre moi-même et à me relever coûte que coûte.

J'ai plusieurs histoires à vous raconter sur le même thème.

Aujourd'hui j'ai envie de commencer par mon rêve de devenir Petit Rat de l'Opéra qui fût pulvérisé en 1 seconde....

Comme beaucoup de petites files, j’ai fait de la danse classique.

J'ADOOOORAIS ça!

J’étais très douée et très vite j'ai commencé à rêver d’être Petit Rat de l’Opera de Paris.

Après avoir dansé 8 ans dans une association de quartier, j’ai intégré le Conservatoire sur audition. J’avais un « avenir très prometteur » avaient-ils dit.
Du haut de mes 11 ans, je suis déterminée à réaliser mon rêve.

Mais... ben oui il y a un mais, un gros mais même! Ma prof: Mme K.

Jamais je n’oublierai son nom, sa gueule ni sa démarche!

Elle me détestait et me reprochait tout ce que j’étais: mon corps qui avait, selon elle, trop de formes, mon « exotisme » qui n’était pas compatible avec son idée de la danse classique. Même mes fréquentations la dérangeaient. (Mes potes venaient me chercher le mercredi après le cours: trop de renois devant le Conservatoire. Connasse.)


Elle m’a mis le coup de grâce à l’examen de fin d’année. Elle m’a dit que je pouvais passer les épreuves sur demies-pointes. J’étais blessée et ne pouvais monter sur pointes mais je l’aurais fait si j’avais su que les demies étaient rédhibitoires.
Juste avant mon passage, dans les vestiaires, je lui redemande:

- " Mme K vous êtes sûre que c’est pas grave si je n’ai pas de pointes? Tout le monde est sur pointes."

- " Je te l’ai déjà dit! Ca ne change rien "
Mes 11 ans, ma détermination, mes demies-pointes et moi rentrons dans la salle, tout sourire.

J'étais confiante. Et surtout crédule!


Je n’ai même pas le temps de me mettre en place qu’un des examinateurs m’élimine tout de suite pour « non port de pointes ». J’explique mon cas, mais c’est mort.
Mes 11 ans, ma détermination, mes demies-pointes et moi demandons à passer devant le jury quand même, juste parce que j’ai beaucoup travaillé et que je veux montrer de quoi je suis capable. Ils acceptent que je leur montre ma variation mais m’expliquent que cela ne changera rien à leur décision.
Ils sont bluffés par ma prestation et me disent que c’est vraiment dommage que je n’ai pas eu mes pointes. Mme K en rajoute:

- " Cette petite est indisciplinée! Elle n'en fait qu'à sa tête. Elle n’ira nulle part en classique. Elle devrait faire du modern jazz. "
Je sors de la salle, choquée, triste, cassée, vénère...

Je me rhabille. Les émotions se bousculent mais je ne montre rien. Je ne pleure pas.
 

Je sors du Conservatoire en sachant que plus jamais je n'y remettrai les pieds. Cette connasse de Mme K m’a brisée à l’intérieur.

Dehors mes amis m’attendent. Je ne montre toujours rien mais du haut de mes 11 ans, j'ai compris ce que cela voulait dire: je suis bonne à rien.

Je rentre chez moi le coeur lourd. J'ai raconté à mes parents que j'avais oublié mes pointes et que j'ai été éliminée d'office. Je ne leur ai pas dit que Mme K m'avait piégé. Ils ne l'ont jamais su je pense...

Perturbée et pleine d'interrogations, j'enfouie cette histoire dans les tréfonds de l'oubli, et avec, mon rêve d'Opéra et ma passion pour la danse.

Je sais que je ne danserai plus jamais. Je ne pleure toujours pas...
 

Je n’ai plus jamais repris un cours de danse jusqu’à ce que j’intègre la Star Ac et que je n’ai pas le choix... Dans ce château et grâce à Kamel Ouali, je retrouve mes sensations. Je suis rouillée mais très vite mon corps se rappelle et ma passion pour la danse vient inonder chacune de mes cellules. Kamel voit tout de suite mon potentiel.

C'est là que j'ai pleuré... J'ai pleuré de bonheur et de tristesse car j'avais perdu des années à ne pas danser.

En sortant de la Star Ac', j'ai repris des cours de danse et j'ai kiffééééééééé!

Aujourd'hui je danse moins, mais par manque de temps...

En tous, cas, des années après je me demande encore comment cette dame a pu s’endormir en sachant qu’elle avait brisé le plus beau rêve d’une enfant... Peut-être n’en avait-elle pas conscience.
J’aimerais la croiser aujourd’hui; je lui expliquerai comment elle a pulvérisé un rêve de gosse, une carrière peut-être, et comment elle à mise à mal ma confiance en moi...
Je n’avais que 11 ans bordel!!!!!

Ce sont ces petites histoires dans nos vies de gosse qui nous construisent et nous détruisent.

Le pire dans tout ça, c'est que je ne voulais pas raconter la vérité à mes parents pour ne pas qu'ils l'engueulent elle. Pourquoi? Aller savoir!

Protéger ceux qui nous font du mal.... Ca aussi c'est un délire....

Aujourd'hui je protège ma fille de tout ça. Dès qu'elle me raconte qu'un prof lui a dit des choses non constructives, je monte au créneau...

Un jour une prof lui dit qu'elle souriait trop. Whaaaaaat???

Je prends rendez-vous direct...

- "Vous avez reproché à ma fille de trop sourire... Du coup, depuis une semaine elle se cache, elle se renferme. Avec cette réflexion à la con vous lui avez fait douter de ce qu'elle est."

- "Mais non! Je n'ai jamais dit ça!"

- "Vous insinuez que ma fille ment. Mais ma fille ne ment jamais." (ma fille était à côté de moi)

- "Non non, mais c'est que vous sortez la phrase de son contexte et que..."

- "Sortie ou pas de son contexte l'important ici c'est l'impact psychologique de vos propos sur ma fille. Il est hors de question qu'elle doute d'elle-même parce que sa prof lui a fait une réflexion déplacée".

- "Oui, je vous comprends. excusez-moi madame".

- "C'est à elle qui faut s'excuser. Et dites lui aussi les vraies conséquences d'un sourire s'il vous plaît".

- "Je m'excuse ma grande. Ton sourire c'est un véritable atout. Il témoigne de ta joie de vivre et c'est contagieux. Alors ne t'arrête jamais de sourire. Ce que j'ai dit était idiot et déplacé."

Et ben voilà...

Les adultes n'ont pas toujours raison! Il faut le leur rappeler de temps en temps.

Souriez! Dansez! Chantez! Faites ce qui vous rend heureux. N'écoutez pas les autres. C'est votre bonheur qui les emmerde. Et leur jalousie les pousse à essayer de nous écraser, nous, les gens joyeux, déterminés, heureux.

Notre valeur ne vient pas des autres, mais bien de ce que nous sommes NOUS.

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