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La vérité sur mon allaitement

Quel vaste sujet que celui de l'allaitement. Sujet qui déchaîne les passions mais qui est avant tout une aventure extraordinaire pour les mamans (en tous cas pour une très grande majorité) qui se lancent dans l'aventure.

Mais l'allaitement n'est pas simple. Et si dans d'autres pays il est naturel, ici en France, il est devenu une étape à laquelle il faut se préparer. On doit tout connaître de l'allaitement avant même d'avoir rencontré notre petit bout toujours bien au chaud dans le ventre. On stresse car on entend tout et n'importe quoi, et parce que tout le monde s'en mêle... Bref... Pas toujours simple.

Je pourrais vous en parler pendant des heures, mais aujourd'hui, en cette Semaine Mondiale de l'Allaitement 2018, je voulais vous raconter MON aventure. Et surtout comment elle a commencé...

"Ce petit être ne connaît absolument que notre sein. Il n'y a pour lui que ce point brillant dans le monde, il l'aime de toutes ses forces, il ne pense qu'à cette fontaine de vie, il y vient et s'en va pour dormir, il se réveille pour y retourner. Ses lèvres ont un amour inexprimable, et quand elles s'y collent, elles y font à la fois une douleur et un plaisir, un plaisir qui va jusqu'à la douleur, ou une douleur qui finit par un plaisir : je ne saurais t'expliquer la sensation qui du sein rayonne en moi jusqu'aux sources de la vie​ (...) "

"Mémoires de deux jeunes mariées", Honoré de Balzac

Enceinte, vient un moment où l'on se pose la question de l'allaitement.

Très honnêtement, je ne m'étais jamais imaginé allaiter dans l'absolu.

Mais ayant passé beaucoup de temps au Sénégal et parmi les femmes, l'allaitement m'apparaissait tout de même comme l'évidence.

Pour moi, c'est le prolongement de la grossesse. C'est normal.

J'étais alors loin de me douter qu'il y avait tant de débats autour de cet acte si naturel!

Inspirée donc, par les femmes avec lesquelles je vis au Sénégal, je sais que je vais allaiter. Et si aucune durée n'est définie au départ, j'ai dans l'idée qu'allaiter son petit ça dure quelques mois. Rien de très précis.

En fait, je ne mettais tellement jamais posé de questions sur le sujet, que je n'ai même jamais prêter attention à tous les détails autour du sujet: durée, comment, où? Franchement, tout paraissait tellement naturel là-bas, qu'on remarque à peine une femme qui allaite finalement...

Pendant la "préparation à l'accouchement" avec ma sage-femme nous abordons le sujet mais tout ce qu'elle me raconte, j'ai le sentiment de le savoir déjà. Elle me le fait remarqué me disant que tout ça à l'air très évident pour moi. Peut-être une prédisposition naturelle?

Vient enfin mon tour... Mon bébé est né. Je l'ai vu pour la première fois et j'ai pleuré de joie toutes les larmes de mon corps.

La sage-femme l'a emporté. Ca dure de longues minutes. Mais on fini par me rapporter ce petit bout d'amour, que l'on pose dans mes bras... La sage-femme me dit que c'est le moment de lui proposer mon sein. Avant même qu'elle ne m'aide en quoique ce soit, mon enfant se nourrit à mon sein pour la première fois.

Une fois encore elle me fait noté que tout cela à l'air bien naturel et instinctif chez moi. J'ai le même ressentit.

Dès la première nuit, mon bébé ne veut pas quitter mes bras. Dès que je le pose, il hurle et ne s'arrête pas. Je l'ai donc toujours dans mes bras et très souvent au sein... C'est merveilleux.

Sauf que mes tétons n'ont pas le temps de sécher et qu'au bout de 24 heures apparaissent les premières crevasses. Sur les deux seins.

Allaiter devient un supplice. Un douleur sans nom m'envahie à chaque fois que bébé tète. Je pleure pendant qu'il boit son élixir de vie. Je pleure de douleur et souris de bonheur.

Pendant les 4 jours à la maternité, je souffre. L'homme me rapporte la fameuse Lanoline de Lansinoh que j'applique allègrement après chaque tétée, en plus d'une goutte de lait. Je reste les seins à l'air jour et nuit en espérant que l'air m'aidera à cicatriser.

Rien n'y fait. Et bébé tète toujours plus. A ce rythme là, les chances de cicatrisation sont quasiment nulles.

On me propose de passer au biberon le temps de guérir. Ca me semble absurde, même si je ne sais pas pourquoi. Donc je refuse. Je supporterai la douleur!

Juste avant de quitter de l'hôpital, une sage-femme me dit que je ne peux pas rester comme ça. Les crevasses sont très profondes. Je saigne et je risque l'infection. Elle me conseille les bouts de seins. Je n'ai aucune idée de ce que c'est. Elle me dit d'aller en pharmacie. Ok!

A peine rentrée à la maison, je souffre tellement (pendant les tétées mais aussi entre car tout frottement sur mes mamelons réactive la douleur. Même les coquillages ne me protègent pas assez).

que je fonce à la pharmacie et me procure ces fameux bouts de seins...

Je les mets sur mes mamelons en rentrant... Je trouve ça énorme pour la bouche de bébé. Mais il y a que moi qui me pose des questions! La puce se fiche complètement de tout ça et ne veut que son lait. Les bouts de seins ne lui pose donc aucun problème. Génial! Quatre jours après je suis guérie.

J'enlève donc mes petits bouts de silicone salvateurs. Sauf que bébé ne veut pas de mon sein sans. Ben c'est pas grave; je les remets!

Pendant 6 mois je vis avec mes bouts de seins H24. Ils sont devenus une prolongation de mes nichons. Lol!

A ce moment là, je n'ai toujours pas entendu parler de la confusion "Sein-Biberon-Tétine"...

Quasiment le jour de ses 6 mois, bébé hurle quand je lui propose le sein. Je ne comprends pas trop mais naturellement je retire le bout de sein et bébé saisi mon mamelon sans aucune peine. Pour la première fois depuis le retour à la maison, bébé tète mon sein directement. C'est magique!

Dans les jours qui suivent j'assiste à une conférence sur l'allaitement et j'entends pour la première fois, parler du fameux risque de confusion "Sein-tétine".

Panique dans ma tête! Quoi, j'ai mal fait? Merde! Pourquoi? Comment je vais faire? Et si bébé ne veut plus de mon sein?

Je rentre chez moi complètement paniquée. Pourtant depuis que bébé a refusé le bout de sein, l'allaitement se passe très bien!!! Vraiment! Mais je panique...

Et croyez-moi ou pas, lorsque je mets bébé au sein ce jour là, ça ne fonctionne pas. Pleurs, refus, etc...

J'ai la nette sensation que quelque chose ne va pas. Et je suis persuadée que je n'ai plus de lait et que c'est pour ça que bébé pleure.

Sur les conseils de mon amie Anaïs Lunet, Baby Planner, je consulte donc une conseillère en lactation. Je ne lui parle pas de mon histoire de bout de sein (T'es folle j'ai trop honte après tout ce que j'ai entendu!!!). Je lui dit juste que mon bébé rechigne à prendre mon sein et que du coup je n'ai plus de lait.

Elle me demande de mettre bébé au sein. "Super! Tout est parfait. Bonne position des lèvres. Bonne position du corps. Bonne succion. C'est parfait!"

"Oui mais j'ai plus assez de lait, je le sens" ("parce que j'ai mis des bouts de seins et que c'est pas bien" mais ça je ne lui dit pas. Toujours cette honte!)

Ni une, ni deux, elle me colle un tire lait sur les nichons et vas-y que ça coule dans tous les sens.

Elle me regarde te me dit: "Tout va parfaitement bien. Vous stressez pour rien. Calmez-vous et retrouvez la sérénité."

J'ai regardé les biberons remplis de mon lait et j'ai réalisé que venais de me faire avoir par un système culpabilisant.

OUI le risque de confusion existe et il faut tout faire pour l'éviter.

Mais quand les choses se passent naturellement, normalement et bien comme ce fût mon cas, il ne faut pas se poser trop de questions!!!!

A force de vouloir mettre des mots sur tout, donner des raisons et des explications à tout, on perd notre instinct. On intellectualise un acte naturelle et instinctif.

J'ai alors pensé à toutes mes amies au Sénégal, et à toutes ces femmes que j'ai croisées lors de mes voyages en Afrique ou en Asie. Elles réapparaissait clairement dans ma mémoire et cette fois-ci je réalisais qu'à leurs seins étaient suspendus des bébés de tous âges.

Elles ne se posent pas de questions, elles. Elles allaitent. Point barre. Si il y a un problème, elles trouvent la solution instinctivement ou avec l'aide des femmes autour d'elles qui ont aussi toutes allaité.

En France, l'allaitement est devenu une option, une décision à prendre, un choix à faire.

Qu'il en soit ainsi si les femmes y trouvent leur compte.

Mais n'oublions pas les filles, qu'allaiter c'est naturel.

Chacune d'entre nous (à quelques rares exceptions près) peut allaiter. Mais à la maternité et autour de nous, notre système et même la famille ne nous donnent pas les bonnes infos, ni le bon soutien.

C'est vrai que nourrir son enfant au sein relève souvent du challenge, surtout dans nos vies actives de Super Mamans. Il y a des moments de doutes, de douleurs, de solitude, mais ça vaut tellement le coup!!!

Je crois que souvent, il nous faudrait aborder la chose de manière plus instinctive et que ça se passerait mieux.

En ce qui me concerne, la seule fois où j'ai écouté le système, le stress m'a envahit et m'a fait douter. Mon bébé l'a ressentit et téter n'était plus si doux. Du moment où j'ai compris que je m'en faisais pour rien, j'ai rangé mes doutes et j'ai laissé l'instinct de mon enfant et le mien faire les choses.

Ca fait 18 mois que nous vivons cette aventure lactée pleine d'amour, de douceur, de joie, de rire, de regards intenses.

Le bonheur de nourrir mon enfant est si fort que même après tous ces mois, il m'arrive de pleurer de joie quand je vois son petit minois collé à mon sein.

Cynthia Brown

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